Ma rencontre avec Jacqueline

Il y a quelques mois, Jacqueline m’a contacté par mail en me racontant son histoire et son envie de la partager en toute transparence. Une histoire, la sienne, mais que de nombreuses femmes et couples vivent (souvent dans l'ombre). Persévérance, force et courage sont les mots qui décrivent le combat mené par Jacqueline pour devenir maman. Son témoignage pourra, j'en suis persuadée, apporter réponses et réconfort.

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Jacqueline, pourrais-tu nous partager ton histoire?
J’ai mis cinq ans à avoir mon premier bébé et pendant ces années, j’ai dû apprendre à patienter, à savourer la vie malgré ce manque qui me dévorait, et à dépasser la dépression qui m’accompagnait. Obligée d’aller chercher les ressources au plus profond de moi, je me suis reconnectée à ma créativité, à mon intuition et avant tout, à moi-même. 

Il m’a fallu trouver le juste milieu entre action et lâcher prise, et donc départager les éléments que je pouvais changer de ceux que je devais accepter. Ça a été des centaines de petits pas pour enfin pouvoir réaliser mon vœu le plus cher : devenir maman.

Comment, après tant d’années, ce désir d’enfant s’est-il enfin concrétisé?
Par le rassemblement de plusieurs parties d’un grand puzzle pour lequel j’ai dû passer par 8 inséminations, 1 FIV, 1 ICSI, 5 transferts d’embryons kryoconservés, 1 Hystéroscopie, 1 Biopsie de l’Endomètre et 2 Laparoscopies. Finalement, ce sont des analyses réalisées en Allemagne, dans le domaine de l’immunologie de la reproduction, qui ont apporté la pièce finale. Grâce à elles et cette dernière ICSI en Espagne, j’ai aujourd’hui deux enfants.

Pour te faire un court résumé de ma pathologie : Pendant 2 ans je ne tombais pas enceinte, suite à quoi j’ai fait ma première FIV qui a tout de suite marché. J’ai enfin eu ce test positif tant désiré, mais la joie n’a duré que 3 jours. A cet instant précis, je ne me doutais pas que j’allais encore passer une dizaine de fois par cette expérience douloureuse avant de trouver la solution.

Alors que ça aurait simplement pu être de la malchance, mon intuition me disait déjà à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Que je pouvais avoir un problème d'ordre immunologique. Mon médecin me disait que ce n'était pas possible, car selon lui, moins d’un pourcent de femmes souffriraient de troubles de cet ordre. 

J'ai alors commencé à faire des recherches sur internet. J’ai découvert qu'en Allemagne, après 3 transferts sans succès ou des fausses couches à répétition, la piste de l’immunologie de la reproduction était explorée. Ici en Suisse, ça n’intéressait personne ou pire, on n’en avait jamais entendu parler !  Mais il m'a fallu encore deux ans et beaucoup de faux espoirs, pour enfin croire à mon ressenti et aller en Allemagne faire ces fameux tests.

Donc pour résumer, j’ai réussi grâce à la médecine mais surtout parce que je me suis finalement écoutée et respectée.

 

" Everything is going to be fine in the end. If it's not fine it's not the end." O.Wilde

 

Quel serait ton plus précieux conseil aux couples traversant cette épreuve? 
Lors de mes rencontres avec des femmes et des couples en manque d’enfant, j’ai appris que chaque personne, chaque chemin, chaque histoire est fondamentalement différente, avec des nuances très subtiles et souvent imperceptibles au premier abord. Il est donc impossible de généraliser mais voici peut-être quelques conseils :

Ecoutez-vous. Nous avons chacun cette petite voix intérieure. Entendez-la et suivez votre ressenti. Ce n’est jamais faux !

Acceptez vos émotions. La période du désir d’enfant nous met face à des émotions très fortes. C’est normal et même utile car elles sont le baromètre de nos blessures parfois inconscientes. Acceptez-les et si elles vous sont insupportables, cherchez de l’aide pour mieux les comprendre. La compréhension est le premier pas vers l’acceptation.

Parlez-en. Le tabou ne sert à personne. Partagez votre expérience et vous verrez alors que vous n’êtes pas seuls. Communiquez ce que vous ressentez à votre partenaire. Les hommes se sentent souvent perdus face à l’émotivité de leur compagne. Vous vivez les choses différemment et c’est une bonne chose !

N’attendez pas de vivre en attendant bébé. Acceptez le nouveau job, prenez les billets d’avion pour le prochain voyage et utilisez la pièce en trop pour y faire votre activité préférée. Votre enfant arrivera, même si vous êtes pleinement occupés à vous épanouir. Pas besoin de vous figer en attendant !

Quelle est ta mission aujourd’hui?

Pendant ces 5 ans je me suis sentie bien seule et je me suis promise qu’un jour je donnerais de mon vécu et de ma sensibilité aux personnes qui traversent cette même période douloureuse. Cette année j’ai donc créé Espace Fertile. Depuis j'accompagne les femmes et les couples sur leur chemin du désir d’enfant. Je tiens également un blog en espérant faire tomber les nombreux tabous qui entourent encore la fertilité, et m’engage à ce que l’immunologie de la reproduction soit rendue accessible chez nous.

Jacqueline, si tu devais définir la maternité en un mot?
Après des années, je peux enfin dire: complétude :)

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Jacqueline, je vous invite à consulter son site Espace Fertile

BLOG, partenaireElsa Gonzalez