Rebeca & Ethan (23 mois)

Un dimanche en fin de journée où il pleuvait des cordes j’ai sonné chez Rebeca, Julien et Ethan où j’ai eu le droit à un accueil chaleureux et spontané. Un appartement cocooning avec une belle énergie mais surtout une famille qui respire la joie de vivre au point d’oublier en deux secondes la grisaille extérieure. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’ai 31 ans et je suis genevoise d’origine espagnole. Historienne de l’art de formation, je suis galeriste à mi-temps et également danseuse de flamenco. Je partage ma vie avec Julien, le papa d’Ethan, depuis 12 ans et nous sommes mariés depuis 3 ans.

Ton petit bout a bientôt deux ans, comment te sens-tu ?
Je ne sais pas, je n’ai pas le temps de me poser cette question (rires). Sincèrement, le temps passe tellement vite, c’est de la folie ! Chaque jour est différent avec son lot de nouvelles découvertes. Je suis crevée mais je m’émerveille au quotidien de l’évolution d’Ethan.

Si tu devais définir la maternité en 1 mot ?
Un monde.

Comment t’organise-tu au quotidien ?
Je m’occupe d’Ethan le matin et depuis la rentrée, il va tous les après-midis à la crèche.

Dans l’ensemble, est-ce compliqué ou gérable ?
C’est gérable mais pour ne rien te cacher je suis épuisée.

Quelle est votre activité préférée avec Ethan ?
Danser dans le salon et faire les « fous-fous ». Ethan a des goûts musicaux déjà très pointus, il est fan d’électro deep (rires). En ce moment, il adore la chanson Aloha de Møme que l’on écoute en boucle. Pendant toute ma grossesse, j’ai continué à danser et oui, il aime le flamenco (ouf !). Sinon, il adore qu’on lui lise des histoires et a déjà une grande collection de livres que l’on range dans sa bibliothèque préférée en forme de mouton de litencarton.ch. Les livres occupent une place très importante chez nous et comme Julien est libraire il en ramène beaucoup et nous les accumulons.

Allaiter ton fils était pour toi une évidence ?
J’ai toujours souhaité allaiter (et continue à le faire après 23 mois) mais cette envie est devenue encore plus forte suite à tout ce qu’il s’est passé pendant et après ma grossesse.

Es-tu d’accord de nous en dire plus ?
Pour résumé, ayant une maladie auto-immune depuis l’enfance, j’ai toujours su que ma grossesse serait considérée comme étant « à risques »  et qu’il faudrait éviter une césarienne et tout autre risque d’hémorragie. A part une amniocentèse (qui heureusement s’est bien déroulée) et des contrôles réguliers, ma grossesse s’est très bien passée à la surprise générale des médecins. Je me sentais en pleine forme et, ce qui est incroyable, c’est que plus les mois passaient plus mon état de santé initial s’améliorait. J’ai pu faire tout le pré-travail à la maison (une bonne vingtaine d’heures) avec ma merveilleuse sage-femme avant de partir à la maternité. L’accouchement s’est bien déroulé mais nous savions que le sang du cordon serait immédiatement analysé pour contrôler l’état de santé d’Ethan à sa naissance. Confiants après une superbe grossesse, on a vite déchanté ! Ethan a eu une hémorragie cérébrale et nous sommes restés trois semaines en néonatologie. Cela a été très difficile et très culpabilisant. Après notre retour à la maison, nous devions nous rendre toutes les semaines à l’hôpital puis physio, ostéo et des contrôles à l’unité de développement pendant toute sa petite enfance. Ce qui compte aujourd’hui est qu’Ethan n’a aucunes séquelles et qu’il se développe magnifiquement bien. C’est un petit garçon qui respire la joie de vivre.

Trouves-tu qu’il y a trop de pression sur les mamans en général ?
Oh que oui ! Nos choix sont systématiquement remis en cause par les hommes, certaines femmes et la société. On a le sentiment de devoir se justifier en permanence et les mamans doivent composer avec toute la logistique qu’elle soit familiale ou professionnelle. La solidarité entre les femmes n’est pas non plus toujours au rendez-vous, il faut le dire… Et bien qu’à la maison nous soyons deux féministes, il n’est pas évident au quotidien de se débarrasser de tous ces comportements qui découlent de l’empreinte machiste importante gravée en nous (mais on y travaille).

 

«  Ayez confiance en vous et en votre bébé car toutes les réponses sont en vous. » 

 

Quel serait ton conseil aux futures mamans ?
J’en ai plusieurs :

  1. Dormez autant que possible. Perso, je ne me suis pas assez reposée pendant ma grossesse.

  2. Ayez confiance en vous et en votre bébé car toutes les réponses sont en vous.

  3. Ne prenez pas trop au sérieux tout ce qu’on vous dit ou tout ce que vous lisez.

  4. Utilisez l’appareil EPI-NO environ 3-4 semaines avant l’accouchement pour détendre votre périnée afin de faciliter le travail et éviter l’épisiotomie.

Aimerais-tu un 2e enfant ?
Oui même si j’angoisse à l’idée de reproduire la même expérience qu’avec Ethan.

Un endroit Kids Friendly que tu aimes particulièrement ?
La boulangerie/pâtisserie Eric Emery à Moillebeau. Le petit déjeuner est délicieux et ils sont adorables avec les enfants. Il y aussi le Cerf-volant, un lieu de rencontres et de loisirs pour les tous-petits au Boulevard Carl-Vogt. Et bien sûr, le brunch chez Un R de Famille, où tout le monde est dans la même galère !

Tes produits incontournables pendant la grossesse ?
De l’huile d’amande douce et de coco.

Ceux pour Ethan ?
Les produits Weleda, l’écharpe de portage, le liniment, le Magic Baume d’Aura Botanica (une mampreneuse locale), la chaise haute évolutive Stokke et le Babycook de Béaba entre 6 et 18 mois.

Quelle est ta philosophie d’éducation ?
Faire découvrir le monde à son bébé en le laissant faire les choses à son rythme, sans être bousculé. Je crois profondément que les parents sont là pour guider, accompagner au mieux l’enfant pour qu’il puisse ensuite devenir ce que l’on nomme « quelqu’un de bien » et surtout quelqu’un à part entière. J’évite les trotteurs et autres gadgets dans le genre. Cela demande plus d’énergie certes mais cela en vaut la peine. Du maternage dans l’éducation, de la fermeté quand il en faut (oui, on a le droit de péter un câble) mais de l’amour vrai à n’en plus finir !

 

SES INCONTOURNABLES

story, interviewElsa Gonzalez