Blaise (44 ans), Liam (7 ans) et Nina (5 ans), blognouveauparent

Depuis son lancement, MotherStories attendait ce moment avec impatience: la première Interview de papa marquant le lancement officiel de FatherStories. Pour cette première rencontre, nous partons à 1h30 de Genève, en pleine campagne fribourgeoise où vit Blaise et sa tribu dans une belle maison d’architecte qui nous donnerait presque envie de quitter la ville.

Blaise, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis suisse de mon papa et italien de ma maman. J’ai passé mon enfance à Rossens avant d’aller 3 ans en internat à St-Maurice. De retour sur Fribourg, j’ai expérimenté différentes voies du graphisme à l’ergothérapie avant de me spécialiser dans l’optique qui pour moi alliait travail manuel et contact humain. J’ai rencontré Johanna le 27 octobre 2004 et ça a été le coup de foudre, en tout cas pour moi (rires). Elle avait 19 ans moi 30. Pour être honnête, je me suis demandé si notre différence d’âge n’allait pas poser problème. Finalement, 14 ans et 2 beaux enfants plus tard je peux affirmer que non ! Nous nous sommes mariés en 2008 et Johanna a accepté que l’on parte du centre de Fribourg pour s’installer dans mon village d’enfance. De retour à Rossens, à la campagne, nous avons construit notre maison.

Tu es papa de 2 enfants, le 3e est en route, comment te sens-tu ?
Super bien ! C’est à chaque fois une sacrée aventure mais les trois ont été désiré donc plutôt serein et confiant.

A quel moment tu t’es dit « ok je suis prêt à devenir père » ?
Je suis prêt depuis l’âge de 20 ans (rires). Sérieusement, j’ai toujours voulu des enfants. En rencontrant Johanna je me suis dit ok pas de pression, laissons-nous le temps de vivre et c’est ce qu’on a fait. De 2004 à 2008 on a voyagé et fait la fête jusqu’au jour où, telle une évidence, on s’est senti prêts avec l’envie d’aller plus loin. J’ai laissé faire la vie et je la remercie.

 

« Arrêtez de réfléchir vous ne serez jamais prêts ! » 

 

Papa cool ou papa strict ?
C’est difficile de s’analyser soi-même. J’espère être un bon équilibre des deux. Un papa cool mais avec un cadre. Il faut avouer que j’ai le bon rôle… Travaillant à 100% quand je rentre le soir c’est pour m’amuser avec eux une heure ou deux avant qu’ils aillent au lit. Il faut d’ailleurs faire attention car on est vite associé au papa « copain ». Il faut impérativement que les parents soient sur la même longueur d’onde sinon ça peut vite dégénérer et créer des tensions (je parle en connaissance de cause). Une bonne éducation passe avant tout par une bonne communication au sein du couple et une ligne de conduite commune. Si chacun fait à sa manière sans concerter l’autre c’est le début de la fin et les enfants le ressentent. 

Être un bon papa c’est quoi ?
Un papa le plus présent possible, à l’écoute des besoins de ses enfants. Petit le mien me faisait peur et c’est bien le dernier sentiment que je souhaite que mes enfants ressentent. 

Que fais-tu s’ils n’arrivent pas à dormir ?
On a de la chance, ils dorment bien même s’ils se lèvent tôt. En revanche, les trois premiers mois de Liam ont été plus compliqué. Chaque nuit, toutes les deux heures, il fallait le porter et impérativement rester debout. Dès que l’on s’asseyait, il hurlait. Du coup, on se relayait jusqu’à ce qu’on trouve LA solution miracle : l’emmaillotage ! Je recommande cette technique qui permet au bébé de se calmer se sentant enveloppé comme dans le ventre de sa mère. Maintenant, ils sont grands mais on a mis en place des rituels qui facilitent le coucher. On commence par les prévenir que dans X temps il sera l’heure d’aller au lit, généralement entre 19h30 et 20h. A tour de rôle, on leur lit une histoire que l’on choisit à l’avance afin de respecter le timing. Nina a également besoin d’une chanson de sa maman pour s’endormir.

S’ils tombent et s’égratignent les genoux ?
Je suis pour qu’ils fassent leurs expériences mais avec un minimum de sécurité. Le vélo sans coudières ok mais avec un casque. Se casser un bras ce n’est pas catastrophique mais la tête… A la campagne c’est plus safe, ils peuvent courir partout sans risques. Ils sont d’ailleurs tout le temps dehors. C’est très rare qu’ils nous demandent de regarder la télé ou de jouer sur la tablette exception faite quand ils sont malades.

A la maison qui gère quoi ? 
Travaillant à temps plein Johanna gère tout le quotidien. Je le répète, j’ai le bon rôle. Par contre, le weekend je prends le relai et on se partage toutes les tâches. Je les emmène tous les matins à l’école.

La vie de couple avec des enfants ?
En ce moment avec deux enfants et une femme enceinte de plus de 8 mois comment dire… (rires) mais dans l’ensemble on s’en sort. Comme ils se couchent tôt on a pratiquement toutes nos soirées.

Comment as-tu vécu les grossesses de Johanna ?
De manière très différente pour les trois. La première c’était l’inconnu totale, j’angoissais pas mal, j’étais à l’affût de chaque mouvement. Je me demandais quel papa j’allais être, si j’allais assurer etc. La deuxième déjà plus relax car tu connais. Pour la troisième c’est pour Johanna que c’est difficile car elle a beaucoup de nausées et il y a les deux premiers à gérer. 

Et les accouchements ?
Difficilement descriptible tellement c’est unique. Tu es tiraillé entre l’excitation et le sentiment d’être complètement inutile. Ta femme souhaite ta présence ce qui est normal mais c’est dur car tu la vois souffrir. Vous êtes quand même sacrément résistantes ! La question d’assister ou non aux accouchements ne s’est jamais posée car pour moi c’était évident que oui. 

Est-ce que la paternité t’a transformé ?
Sans même le vouloir tu changes forcément. Tu as de nouvelles responsabilités et tu te dois d’assurer. Fini les décisions prises à l’arrache (rires). On devient une famille avec tout ce que cela implique. 

Ta première réaction quand elle t’a annoncé sa 1re grossesse ? Puis la 2e et 3e ?
Pour Liam au téléphone car Johanna était à NY. Content mais pas rassuré car avant Johanna avait déjà fait 4 fausses couches. Tu es donc sur la retenue presque jusqu’à la fin, partagé entre joie et incertitude. Pour Nina pareil, une fausse couche juste avant donc bon tu restes prudent malgré la bonne nouvelle. Johanna avait posé le test de grossesse positif sur la table. On n’a pas eu le côté spontané de l’heureuse nouvelle d’où l’émotion très vive, synonyme de victoire, à chaque accouchement.

Pourquoi un blog ?
Le blog était une suite logique et complémentaire à notre compte Instagram lancé en juin 2017. Nous ne pensions pas en faire un mais souhaitant aborder les sujets liés à la famille la rédaction s’est vite imposée à nous et nous adorons ça. Étant le geek de la famille, j’ai créé d’abord blognouveaupapa afin de tester et voir ce qui existait et plaisait. Contre toute attente, le compte a commencé à être de plus en plus suivi et nous avons pris la décision, avant qu’il ne soit trop tard, de switcher le nom en blognouveauparent. Il ne fallait pas que les gens associent le compte à moi alors que nous sommes deux à le faire vivre. Blognouveauparent est une aventure de famille.

Le choix de montrer vos enfants s’est-il fait facilement ?
Au début on a énormément discuté avant de décider si nous allions les exposer ou pas. On essaie de le faire de manière intelligente en les préservant au maximum. Nous ne les forçons jamais à faire des photos. Pour eux, c’est un jeu. On ne fera jamais quelque chose qui puisse leur porter préjudice. Pour l’instant cette aventure est un hobby mais nous avons d’autres projets en cours dont nous vous parlerons bientôt. 

Ton livre du moment ?
Le Larousse du potager (rires). J’avoue je lis peu à part si surfer sur Internet compte.

Ton top 3 des séries ?
Les Soprano, Sons of Anarchy (pour les Harley) & This is us.

Faites-vous attention à ce qu’il y a dans vos assiettes ?
Pour nous c’est la base d’une bonne santé. Si possible, légumes/fruits de saison et on varie les plats le plus possible. On contrôle un maximum à la maison après quand on sort on lâche sinon on ne vit plus.

Le plat préféré des enfants ?
Soupe de poulet Thaï pour Nina et pâtes aux lardons pour Liam.

Un dimanche parfait en famille ?
Etre ensemble est la condition sine qua non peu importe l’activité : trainer à la maison, se balader en forêt, jouer dans le jardin, prendre l'apéro avec les copains… 

Si tu étais un animal ?
Un éléphant. Il incarne sagesse, force, raison, élégance… tout moi (rires). 

Vos prochaines vacances ?
L’accouchement étant en juin rien cet été mais peut-être Fuertaventura en octobre.

En tant que patriarche, quel est ton plus grand défi/ta mission ?
Préparer mes enfants au mieux pour qu’ils puissent affronter la vie et ses difficultés dans les meilleures conditions. Leur montrer à quel point je les aime et leur dire que je suis fier d’eux. Petit ces gestes d’affection m’ont manqué et pour rien au monde je ne ferai pareil.

Quelles valeurs souhaites-tu inculquer à tes enfants ?
Le respect envers les autres et eux-mêmes. Il est rare que je me mette en colère mais sur ce point ma tolérance est de 0. Je peux accepter qu’ils se trompent, qu’ils fassent des bêtises, qu’ils soient même méchants mais jamais irrespectueux.

Un conseil à donner à des futurs ou jeunes papas ?

  1. Aux futurs papas : arrêtez de réfléchir vous ne serez jamais prêts, alors foncez !

  2. Aux Jeunes papas : privilégiez au maximum la communication dans votre couple et avec vos enfants. Elle est la base de tout même quand ils sont bébés. 

Qu’est-ce qu’on pourrait te souhaiter aujourd’hui pour demain ?
La santé car si elle ne suit pas alors tout devient futile. 

story, interviewElsa Gonzalez